J’avoue, je n’aime pas trop préparer mes présentations. Je trouve que ça ne fait pas authentique. Même parfois, ça me semble « fake ». Je suis plutôt quelqu’un de spontané, naturel, « vif d’esprit » comme dirait mon meilleur ami. Il me suffit d’avoir le sujet de discussion en tête, d’analyser la situation et de puiser dans mes expériences et mes connaissances pour adapter mon discours à l’audience « en direct, live ».

Je le fais tellement naturellement que mon cerveau n’a plus besoin d’intervenir. Il se met en mode « tu assures, ne me réveille que pour les urgences »

Mais… j’ai réalisé l’année dernière, que ce système n’était pas infaillible.

Pour la petite histoire, nous avons une auto commune ma femme et moi, et nous n’avons pas payé l’immatriculation dans les délais faute de n’avoir jamais reçu l’avis de paiement chez nous. La police nous arrête et on se retrouve avec deux contraventions : l’une pour le changement d’adresse non effectué et l’autre pour l’immatriculation non payée. Sauf que le changement d’adresse a bien été fait il y a deux ans, preuve à l’appui, par contre, on ne comprenait pas pourquoi, malgré ça, on ne recevait pas l’avis chez nous.

Après investigation, on se rend compte que l’erreur venait de la SAAQ. Le changement d’adresse n’a pas été enregistré dans leur système et les avis étaient toujours envoyés à notre ancienne adresse. Bref, sans trop rentrer dans les détails, on décide de contester. Pour nous, c’est évident, il suffit de présenter la preuve de changement d’adresse et le tour est joué.

Pas besoin de préparer grand chose. Je connais le dossier par cœur. Il n’y a rien à débattre.

Le jour de la convocation, on se présente tous les deux et première perturbation : la convocation est au nom de ma femme (autre conséquence de l’erreur de la SAAQ). Je dois rester en dehors de la salle d’audience et je serai appelé uniquement en tant que témoin. C’est ma femme qui doit nous défendre sauf que c’est moi qui maîtrise le dossier. Et je ne l’ai pas « briefer » ! Oups. Là, je ne me sens pas bien. Elle non plus. Ce n’était pas prévu comme ça.

Quand vient mon tour de témoigner, je rentre dans la salle et deuxième perturbation : je ne peux pas parler à ma femme. Je dois juste déposer mon témoignage. Je ne sais pas ce qu’elle a dit ou présenté, je ne sais pas ce qui me reste à faire. Je ne me sens pas dans mon élément. Mon cerveau analyse la situation et ne trouve pas de repères. Même pas un vécu similaire pour s’y référer et s’adapter. Il rame.

Je décide de suivre la procédure qu’on m’impose et troisième perturbation : je perds le fil de l’histoire que je croyais maîtriser si bien. Je me trouve à répondre à des questions sans pouvoir débattre. Je sens que je n’ai plus le contrôle de la situation. Je ne me sens plus dans l’état de confiance de il y a 1 heure. Beaucoup de nouveaux éléments dans l’équation. Un peu trop à mon goût.

Là, j’ai clairement bogué. Je n’ai pas souvenir d’avoir vécu une pareille situation. Intimidé peut-être par l’endroit. Avant la séance, mon cerveau a prédit les réactions en se basant sur des informations et des expériences de ma vie. Il avait même construit un scénario où je sortais gagnant dans l’histoire mais là, celle-ci prend une tournure complètement différente, inattendue.

La séance se termine malgré tout avec une contravention annulée, l’autre à payer, un sentiment d’injustice et un « on aurait pu mieux faire ». Nous n’avons pas réussi à convaincre le juge de notre bonne foi dans cette histoire.

Je me suis imaginé cette situation avec un client à qui je n’ai pas réussi à vendre la valeur de mes services. Je peux vous dire que ce n’est pas du tout satisfaisant pour mon ego.

Je ne peux pas le considérer comme un échec, mais plutôt une expérience vécue faisant partie du parcours de ma prochaine réussite.

Partant de ce principe, et une fois remis de mes émotions, j’ai listé 7 éléments que j’estime importants à prendre en compte dans des situations similaires et que je partage volontiers avec vous aujourd’hui.

La préparation

« Pas besoin de préparer grand chose. Je connais le dossier par cœur. Il n’y a rien à débattre. »

Il ne suffit pas de produire un contenu à présenter. Il faut également le structurer pour le contexte, autour d’un message simple et clair à transmettre à une audience précise et dans un temps alloué. Ne pas hésitez à demander de l’aide à des spécialistes si nécessaire.

Le contenu

« J’avais assez de contenu pour raconter une histoire pendant 5 heures »

Il vaut mieux miser sur la qualité du contenu que sur la quantité. Être clair et direct dans la transcription des informations. Éviter les détails sans valeur ajoutée pour son interlocuteur, au risque de perdre son attention et l’intérêt qu’il vous porte.

L’audience

Je ne savais pas à qui j’aurai affaire et l’endroit était intimidant »

Il est crucial de savoir à qui vous avez/aurez affaire. Il ne suffit pas juste de capter l’attention mais aussi de pouvoir convaincre. Être capable de se mettre à la place de son interlocuteur, aide à mieux anticiper ses besoins, ses réactions, et ajuster le discours en fonction.

La pratique

« Lire son contenu n’est pas suffisant pour se préparer à affronter un procureur qui veut absolument vous convaincre que vous êtes le fautif »

La pratique et la répétition sont des mises en situation avec un effet très important sur le cerveau. Elle le conditionne en le faisant croire qu’il a déjà vécu cette expérience et lui permettre ainsi de se sentir « moins stressé » une fois confronté à la situation réelle. Vous serez beaucoup mieux préparé, vous pouvez me croire.

La posture

« J’ai eu chaud, bégayé plusieurs fois, cherché mes mots à plusieurs reprises »

Gardez le contrôle de vos émotions. Être convaincant et crédible. Et surtout transpirez l’assurance de ce que vous avancez plutôt que la sueur. L’expression de votre corps trahie toujours votre état interne, et ça se voit. La pratique vous aide avec ça aussi.

L’attitude

« Je n’étais pas d’accord avec ce que le juge avançait comme arguments incompatibles avec mon cas »

Oser défendre et argumenter ses positions et ses croyances. Parfois, il vaut mieux avoir un avis différent au risque d’avoir un retour désagréable que de ne rien dire du tout et vivre avec le regret de ne l’avoir jamais osé.

La confiance

« J’étais si confiant que nous allions gagner cette affaire que je n’ai pas estimé nécessaire de traiter en profondeur les éléments cités au-dessus« 

Ne laissez pas la confiance vous aveugler et vous déconnecter de la réalité : on ne peut pas tout savoir, on ne peut pas tout maîtriser, on ne peut pas tout planifier. Laissez toujours une place au doute pour garder le cerveau éveillé, prêt à traiter les imprévus.

Habib ABI KHALIL – Conseiller – Coach – Entrepreneur. Je travaille avec l’humain, pour développer les entreprises de demain.

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