A toi mon chat, la petite peluche vivante qui fait partie intégrante de notre famille aujourd’hui, j’écris cette lettre. Depuis le temps que j’avais envie de le faire, me voilà enfin, je me lance ce soir ! J’ai beaucoup de choses à te dire, à te raconter mais par quoi commencer. Voyons voir…

Je vais te remercier pour la confiance que tu m’accordes, pour me laisser prendre soin de toi, pour te nourrir, pour m’occuper de toi et te garder en vie. Avec toi, je me rends compte oh combien tu es dépendant de moi et oh que je suis devenu dépendant de toi, si tu le savais.

Un chat sur les jambes qui apprécie les caresses

Tous les jours, tu es là au réveil, tu es là pour nous accueillir quand on rentre à la maison. Le soir, tu me tiens compagnie quand je travaille tard. Parfois, tu viens te blottir contre moi quand je regarde la télé ou quand je lis mon livre. Je me rappelle un soir quand ma fille était en train de pleurer et que tu es venue la consoler. Ton préféré ? c’est mon fils. Tu cours le voir quand il se réveille, quand il rentre de l’école, tu ronronnes et tu as le droit à un moment de câlins. Tu fais partie de notre quotidien mon petit chat, ma petite Lune.

A toi mon chat, je te dois une confession. J’ai fait une chose terrible dans ma vie, il y a très longtemps, à l’époque où j’étais un jeune garçon mais pas aussi gentil avec les animaux comme je le suis avec toi aujourd’hui. Je ne te l’ai jamais dit, mais j’avais déjà eu un chat avant toi. Je me rappelle qu’il était un très bon chasseur. Il a même un jour attrapé un serpent à l’intérieur de la maison. J’étais si fier de lui !

J’étais attaché à ce chat, il était mon compagnon de jeu. Lui, contrairement à toi, avait le droit de sortir de la maison, jouer dehors, partir où bon lui semblait. Il était plus libre que tu ne l’es aujourd’hui. Un jour, je rentre de l’école et j’apprends que mon père s’est débarrassé de lui en l’abandonnant sur une route à des kilomètres de chez nous, histoire qu’il ne retrouve pas le chemin du retour. Pourquoi ? Parce qu’il était plein de puces ! Mais ce n’était pas une raison pour l’abandonner, me disais-je. Il faut savoir que les animaux ne sont pas traités pareils d’un pays à un autre, d’une culture à une autre.

J’étais triste. Je venais de perdre mon compagnon de jeu. Mais comment il a pu avoir des puces ? Il semble qu’il fréquentait un autre chat sauvage qui lui a filé ce petit cadeau sans le savoir. Et ce chat rôdait encore autour de la maison. Il ne savait pas que MON chat n’était plus là. Un jour, furieux, j’ai pris mon fusil de chasse (on chasse jeune au Liban) et je lui ai tiré dessus. Je l’ai vu débouler sur plusieurs mètres plus loin. Je me suis vengé. Il est mort, tant mieux. J’ai décidé ce jour là de lui ôter la vie !

J’aurai aimé que l’histoire s’arrête là, mais …

Plusieurs jours/semaines plus tard, je l’ai recroisé devant chez nous. Il était de retour. Et en le regardant de plus près, j’ai vu son visage défiguré ! Et là, une claque dans ma face et une prise de conscience : qu’est-ce que j’ai fait. J’étais mal, très mal, trop mal, honteux de moi. Mais pourquoi j’ai fait ça ? Qu’est-ce qui m’a pris ? Quelle cruauté gratuite ! Et tu sais quoi ? Dans son regard, il n’avait aucune haine, aucune animosité, ce qui renforçait mon sentiment de culpabilité au plus profond de moi-même.

Quand je raconte cette histoire, je ne peux pas m’empêcher d’avoir les larmes aux yeux, toujours aujourd’hui, au moment même que je t’écris cette lettre. On me disait que les chats avaient 9 vies, moi j’aurai aimé qu’il n’en ait qu’une, qu’il soit mort. Je ne pouvais pas imaginer dans ma tête la souffrance que je lui ai infligé et la vie défigurée que je lui ai imposé. Qu’est-ce que j’ai fait ? Pourquoi ? Qu’est-ce que je voulais me prouver ? C’est moi l’animal sauvage, pas lui. C’est un acte que je ne me pardonnerai jamais. Depuis ce jour là, je n’ai plus jamais touché à mon fusil de chasse.

Pourquoi je te raconte ça ce soir mon chat ? Après toutes ces années. Ce n’est pas parce que je veux libérer ma conscience mais parce que je veux laisser une trace de cette histoire.

Parce que j’aurai aimé qu’on m’apprenne à respecter tous les êtres vivants sans avoir à vivre ce genre d’expérience. Parce que je sais que tu dépends de moi pour vivre. Sache en tout cas que tu as toute mon affection, que tu fais partie de ma vie, de notre famille et que je t’en suis reconnaissant.

La nature est belle avec sa diversité, nous n’avons aucun droit de destruction mais plutôt une conscience de préservation.

Sur ce, il est minuit, je te dis bonne nuit et à demain, mon petit chat, ma petite Lune, ma protégée. Merci d’exister et de faire partie de ma vie.

Habib ABI KHALIL – Conseiller – Coach – Entrepreneur. Je travaille avec l’humain, pour développer les entreprises de demain.

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Catégories : EmotionsEnfanceHistoire

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