Je te hais mon Liban

Je croyais avoir fini avec toi mais tu es toujours là.

Tu me hantes en permanence.

Tu ne rates pas une occasion pour me faire souffrir.

Ça te plaît, hein. Avoue !

Tu fais exprès ou quoi ?

Je t’ai quitté il y a maintenant 23 ans.

Je voulais t’oublier, te laisser derrière moi, me lancer à la recherche d’une liberté tant rêvée et convoitée.

Tu m’as fait vivre une guerre qui n’était pas la mienne.

Tu m’as promis des jours meilleurs. Tu me disais : « Demain sera un autre jour »

Les années passaient, les paroles se répétaient et devenaient des promesses non respectées.

Notre relation était devenue chaotique avec ses hauts et ses bas.

Il fallait que je parte et je devais voler de mes propres ailes.

Tu m’étouffais.

Je suis parti.

Je voulais te laisser vivre ta vie et moi la mienne.

Mais tu ne voulais pas me lâcher, hein. Tu as décidé de me suivre partout.

Tu ne veux pas que je t’oublie. Tu t’acharnes à chaque fois que l’occasion se présente.

Tu es devenu un pot de colle qui ne lâche jamais sa proie avec un seul objectif, la vider de son énergie.

Chaque année, tu trouves toujours une occasion pour me faire pleurer.

Même à distance, même quand ça ne me concerne pas.

Regarde ce que tu as fait aujourd’hui.

Tu es allé un peu trop loin quand même.

Faire exploser la ville de Beyrouth pour attirer mon attention !!

Il fallait le faire ! Il fallait oser !

Tu l’as fait.

Encore.

Es-tu fier de toi ?

As-tu vu où peut mener tant d’arrogance ? C’est affreux !

Encore des morts, encore des innocents.

Mais quand tout cela va s’arrêter ?

Quand comptes-tu voir la réalité en face ?

Quand verras-tu que c’est à toi-même que tu fais mal ?

Quand verras-tu que c’est TA propre « famille » que tu fais souffrir !

C’est ta propre « famille » que tu détruis.

Je te hais encore plus maintenant.

Tu es devenu maître de la manipulation et du jeu des émotions.

Ahhh, les émotions.

Je te hais avec la même intensité que l’amour que je porte en moi pour toi.

Tu sais que tu me fais encore de l’effet même quand tu n’es pas là. Et tu en joues.

Tu veux m’attendrir ? Tu veux que j’aie pitié de toi ?

Tu veux que j’aie de la peine ?

Ben, c’est réussi !

As-tu déjà entendu parler du syndrome de Stockholm ?

Ben toi, tu es pire. Tu es mon syndrome du Liban.

Tu es unique. Tu es spécial !

Tu es celui que je hais et que j’aime avec la même intensité.

Tu es celui qui me fait pleurer quand je suis triste et même quand je suis content.

Tu es celui qui me fait rire dans les pires situations.

Tu es celui que j’arrive à pardonner malgré tout ce qu’il m’a fait subir !

Tu sais pourquoi ?

Parce que je crois en toi malgré tout.

Il faut être libanais pour le comprendre.

Il faut être de la « famille ».

J’ai 43 ans et je ne t’ai jamais vu heureux.

Je t’écris cette lettre avec le cœur serré.

Je l’écris avec une grande tristesse qui envahit mon corps et les larmes aux yeux.

Et c’est avec une peine profonde que je te pose cette question :

Quand seras-tu en paix ?

Je t’aime mon Liban.

Habib ABI KHALIL – Conseiller – Coach – Entrepreneur. Je travaille avec l’humain, pour développer les entreprises de demain.

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Catégories : Conseils

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